07/08/2026
Douze réglages ne suffisaient plus
Un site fait chez nous portait douze réglages visuels : sept couleurs, deux polices, trois règles générales. C'était volontaire. Trop d'options et chaque page devient réglable séparément ; six mois plus tard, plus rien ne se ressemble et personne ne sait dire à quoi le site est censé ressembler.
Cette contrainte a bien tenu. Elle a fini par gêner.
Là où ça coinçait
« La police des titres » ne voulait dire qu'une seule chose. Vouloir un titre d'ouverture massif et des titres de section discrets — une demande banale, presque toujours la bonne — n'était pas exprimable. On retombait alors sur des retouches écrites à la main, section par section. C'est-à-dire exactement l'incohérence que les douze réglages devaient empêcher, réintroduite par la porte de derrière.
Le vrai sujet n'était donc pas « plus d'options ». C'était : quelles décisions doivent se prendre une fois pour tout le site ?
Ce qu'on a ouvert
Six niveaux de texte — titre principal, titres de section, sous-titres, surtitres, corps, boutons — portent désormais chacun leur police, leur taille, leur graisse, leur casse et leur espacement des lettres. S'y ajoutent une palette élargie, les liens, les arrondis, les ombres et le rythme de la page. Soixante réglages, rangés par famille.
Tous restent des choix fermés. Pas de saisie libre, pas de taille au pixel près. C'est la même discipline qu'avant, avec un vocabulaire plus riche.
Et surtout, l'écran a changé de forme : les réglages à gauche, le résultat à droite. Pas une vignette ni un carré de couleur — les mêmes composants que le site en ligne. La moitié des décisions de conception se prennent en voyant le résultat, et c'est précisément ce qui manquait quand tout tenait dans un tiroir de trois cent soixante pixels.
Le détail qui change tout
Une identité s'applique à un site déjà en ligne sans le régénérer. Elle est compilée en feuille de style ordinaire et servie par un canal que les sites déployés lisent déjà. Un site livré il y a six mois prend la nouvelle charte à sa prochaine visite.
C'est ce qui rend la suite possible : douze identités prêtes à l'emploi, les vôtres enregistrées pour être reposées ailleurs, et un écran qui pose une charte sur douze sites d'un seul geste. Avec trois garde-fous : on simule d'abord — la simulation dit ce qui serait fait sans rien écrire —, on complète plutôt qu'on écrase, et on peut tout défaire.
Ce qu'on refuse de faire en silence
Poser une charte sur un site vivant, ce n'est pas seulement écrire des couleurs. Ses sections portent des réglages posés à la main au fil des mois, et certains passent devant la charte. Appliquer sans y toucher donne un résultat à moitié appliqué — ce que personne n'attend après avoir cliqué sur « Appliquer ».
Nous aurions pu tout écraser. Nous ne le faisons pas : une section a parfois une bonne raison d'être différente, et écraser ferait perdre un travail que personne n'a demandé de refaire. L'écran liste donc ce qui contredit, explique pourquoi, et laisse cocher. Le choix se fait par réglage — « la casse des titres, partout » — et non par section, parce que c'est une décision qu'on peut redire six mois plus tard.
Deux choses que seul le vrai rendu a montrées
Avant chaque mise en ligne, nous démarrons le site construit et nous le regardons pour de bon. Cette fois, deux défauts n'apparaissaient nulle part ailleurs : ni à la compilation, ni à la vérification des types, ni dans les tests.
Le premier : un surtitre est techniquement un paragraphe. La règle qui habille les paragraphes le visait donc aussi, avec exactement le même poids que la sienne — et à poids égal, c'est la dernière écrite qui gagne. Un surtitre réglé sur « MAJUSCULES, très espacé » s'affichait en minuscules serrées. Rien dans l'éditeur ne le laissait deviner.
Le second : « un peu plus petit » sur un titre le faisait passer de cinquante-six pixels à douze. Une taille relative se calcule sur l'élément qui contient, pas sur l'élément lui-même — une subtilité connue, et qu'on oublie systématiquement au moment où elle compte.
Aucun des deux n'aurait été vu sans regarder. Les deux sont désormais tenus par un test qui a été validé en réintroduisant volontairement le défaut : un garde-fou qu'on n'a jamais vu échouer ne prouve rien.
Et le détail, alors ?
Une charte règle ce qui ne varie pas. Reste ce qui varie : ce titre-là un cran plus grand, ce bouton-là en pilule, cette image-là en noir et blanc.
Le clic droit sur un élément propose maintenant ce qui a du sens sur lui. Un titre a taille, graisse, casse et couleur. Un bouton a forme, taille et relief. Une image a cadrage, proportions et traitement. Pas les cinquante-deux réglages d'une section : « séparateur du haut » n'a rien à faire sur un mot, et le proposer quand même transforme un menu utile en catalogue qu'on referme.
Les couleurs proposées viennent de la charte. Un élément retouché suit donc un changement d'identité au lieu de le figer — ce qui est, au fond, tout le sujet de cette version.
