26/08/2026
Cent cinquante-deux habillages, et une porte ouverte aux machines
Devant un écran de configuration d'identité, on a sept couleurs à choisir, deux polices, trois crans de taille. C'est parfaitement faisable. C'est aussi exactement pourquoi les rendus finissent par se ressembler : face à une page blanche, on refait ce qu'on a réussi la dernière fois.
Nous avons ajouté un écran qui propose cent cinquante-deux points de départ.
Reprendre un catalogue libre plutôt qu'en inventer un
Les habillages viennent du catalogue libre d'Open Design : couleurs, polices, taille de base, interligne — des systèmes complets, pas des palettes. On en choisit un, on l'enregistre dans la bibliothèque, et l'écran « Chartes graphiques » le pose sur un site ou sur douze, avec sa simulation et son annulation, comme n'importe quelle charte maison.
Reprendre valait mieux qu'inventer. Un catalogue de cent cinquante-deux systèmes cohérents représente un travail que nous n'aurions pas fait, et sûrement pas aussi bien.
Trois choses que l'écran dit au lieu de les taire
Convertir un catalogue extérieur vers son propre système, c'est traduire. Et une traduction perd toujours quelque chose. La question est de savoir si l'utilisateur l'apprend au moment du choix, ou trois semaines plus tard en regardant le site en ligne.
Les polices. Notre catalogue est fermé : quarante-quatre familles, rapatriées dans le dépôt et chargées à la compilation. Un habillage qui déclare « SF Pro Display » ne l'aura pas — le site retomberait sur la police système, sans que rien ne le signale. Chaque carte affiche donc la famille retenue et celle qu'elle remplace. On choisit en sachant.
Le contraste. Il est mesuré à la conversion. Quarante habillages passent sous le seuil de lisibilité sur leur couleur d'accent. Ils sont signalés d'un badge — et pas refusés. Une affiche a le droit d'être contrastée autrement qu'un formulaire, et un outil qui interdit au nom de la règle finit par être contourné au lieu d'être écouté. Mesurer et dire, c'est presque toujours mieux qu'interdire.
Les noms de marque. Quatre-vingt-dix de ces habillages portent le nom d'une marque déposée. Le code d'Open Design est libre ; les marques ne le sont pas — ce sont deux libertés distinctes, et les confondre est une erreur qu'on ne découvre qu'au courrier d'avocat. Un interrupteur les masque d'un clic.
L'autre moitié : une porte pour les machines
Notre contrat de composition est public depuis longtemps. C'est le document qui dit à une IA extérieure comment composer une page pour notre CMS : les blocs disponibles, leurs réglages, les conventions de marquage, ce qui est refusé. Et une route publique valide une page composée, en rendant la liste des écarts.
Public, donc — encore fallait-il qu'une IA sache que ça existe. En pratique, il fallait le lui expliquer à la main, à chaque fois.
Un point d'entrée MCP change cela. Un agent y découvre deux outils avec leur schéma d'arguments : « donne-moi le contrat », « valide cette page ». Sans qu'on lui ait rien dit. La révision du protocole que nous suivons est sans état — pas de session à tenir — donc une simple route suffit, et rien de neuf n'est exposé : ce sont les deux routes qui existaient déjà, dites dans une autre langue.
Deux précautions valent d'être écrites noir sur blanc. Rien ne s'y écrit : le point d'entrée lit et valide, il ne pose rien dans aucune base. Et une page refusée n'y est jamais présentée comme une panne de la porte — c'est un verdict, pas une erreur de service. La nuance décide de ce que l'agent fait ensuite : recommencer, ou abandonner en signalant un incident qui n'existe pas.
S'y ajoute une fiche de compétence portable, qui vaut aussi bien dans Open Design que dans un agent de développement : va chercher le contrat, garde son empreinte, compose des sections — pas une application — et ne rends rien qui n'ait été validé.
Une règle, une seule implémentation
Sous le capot, le verdict a quitté la route pour devenir une fonction pure. Les deux chemins — la route publique et le point d'entrée MCP — rendent désormais le même résultat, à la virgule près, parce qu'ils appellent le même code. Un garde-fou permanent fait échouer la suite de tests si une seconde implémentation apparaît.
Ce n'est pas de l'élégance. Deux copies d'une règle métier commencent identiques et finissent divergentes : quelqu'un corrige un cas limite d'un côté, l'autre reste tel quel, et pendant des mois deux clients reçoivent deux réponses différentes à la même question. Nous avons déjà payé cette facture ailleurs. Une fois suffit.
Ce qu'on en retient
Ces deux chantiers n'ont l'air d'avoir aucun rapport. Ils en ont un : dans les deux cas, il s'agit de cesser de considérer notre outil comme une destination.
Un catalogue extérieur entre, et l'écran dit honnêtement ce que la traduction coûte. Un agent extérieur appelle, et le contrat lui répond sans qu'on ait à faire les présentations. Ce qui reste à nous, ce n'est ni le catalogue ni le protocole — c'est la porte : ce qu'elle mesure, ce qu'elle refuse, et ce qu'elle prend la peine de dire.
