26 juillet 2026
Pourquoi nous générons désormais les sites page par page
Une erreur 400 récurrente nous a poussés à repenser la génération. Le correctif a fait plus que réparer la panne : il a amélioré la qualité des sites produits.
Pendant plusieurs semaines, la génération automatique de sites s'arrêtait toujours au même endroit. Le job démarrait, dupliquait le dépôt modèle, lisait les consignes du template, puis butait sur une erreur laconique : 400 Bad Request. Aucun site n'était jamais sorti de la chaîne de bout en bout.
Une limite que nous ne connaissions pas
La cause tenait en un détail. Nous demandions au modèle d'écrire l'intégralité d'un site en un seul appel, avec un budget de 32 000 tokens, et sans streaming. Or l'API d'Anthropic refuse les requêtes non streamées dont la durée estimée dépasse dix minutes. Le rejet était immédiat, avant même que le modèle ne commence à écrire.
Derrière ce mur s'en cachait un second, plus sournois. Nos fonctions serverless étaient plafonnées à soixante secondes — une limite que nous nous étions imposée en croyant qu'elle était celle de notre hébergeur. Elle ne l'était plus. Même en réparant le premier problème, la génération se serait fait couper en pleine phrase.
Le correctif : découper plutôt qu'allonger
Nous aurions pu nous contenter d'activer le streaming et de relever la durée. Nous avons préféré revoir la façon dont le site est écrit, parce que le problème de fond n'était pas la plomberie mais l'ambition démesurée d'un appel unique.
La génération se déroule désormais en trois temps. D'abord un appel court demande au modèle le plan du site : la liste des pages avec leurs sections, les fichiers du socle commun, et un système de design — palette, typographie, ton éditorial. Ce plan porte la cohérence de l'ensemble. Ensuite, le socle commun puis chaque page sont générés dans leur propre appel, avec le plan réinjecté en contexte, par lots de trois en parallèle. Enfin les morceaux sont assemblés et une passe corrective complète ce qui manquerait.
Un effet secondaire heureux
Ce découpage devait résoudre un problème technique. Il a surtout amélioré la qualité des sites produits. Quand un modèle écrit dix pages d'un seul jet, il répartit son attention et son budget d'écriture ; les dernières pages sont expédiées. Quand il n'écrit qu'une page à la fois, en connaissant la structure d'ensemble, il peut y mettre du contenu réellement spécifique au métier du client.
La robustesse y gagne aussi. Chaque page étant une étape durable, un échec ne fait rejouer que la page fautive — pas le site entier.