11/09/2026
Le meilleur numéro de la liste ne répondait plus
Fabriquer un site n'a jamais été notre blocage. Savoir à qui le proposer, si.
La liste existe pourtant, et elle est publique. Un commerce sans site a une fiche comme les autres sur les cartes — elle ne porte simplement pas d'adresse web. L'information est là, en creux. La lire à la main demanderait d'ouvrir mille fiches pour en retenir cinquante.
Le premier écran a duré quarante minutes
Nous sommes partis de la Places API de Google, pour une raison précise : dans sa version récente, l'adresse du site arrive dans la réponse de recherche, pas seulement dans un appel de détail. Une passe sur un métier coûte trois appels au lieu de cent vingt.
Puis la facture s'est rappelée à nous : la Places API demande une carte bancaire sur le projet Cloud. Tant qu'elle n'est pas activée, l'écran livré le matin est un formulaire qui rend une erreur. Et la prospection, elle, ne peut pas attendre une validation de moyen de paiement.
OpenStreetMap ne demande rien. Ni clé, ni compte, ni carte. Sur « coiffeur, Roubaix, 4 km », il rend cinquante-quatre fiches dont quarante-neuf sans vrai site, avec les numéros et les adresses. C'était utilisable le jour même.
Les deux sources se superposent, elles ne se remplacent pas. Celle qui ne coûte rien est devenue la source par défaut ; l'autre reste disponible pour qui l'active.
Ce qu'OpenStreetMap ne sait pas, et que nous disons
Il n'a pas d'avis. Un commerce très fréquenté et une boutique moribonde s'y ressemblent. L'activité s'y mesure donc au soin de la fiche : des horaires relevés sur place sont le meilleur indice qu'un humain a vu ce commerce ouvert ; une adresse au numéro dit qu'elle a été travaillée et non déversée ; un SIRET dit que l'entreprise est immatriculée.
C'est un raisonnement indirect, et nous préférons l'écrire que le maquiller. Un score qui ne dit pas d'où il vient ne se conteste pas — il se subit.
Cent soixante-six fiches sur deux cents n'avaient pas de ville
C'est le chiffre qui a décidé de la suite. Cent quarante-trois n'avaient pas d'adresse du tout. Une liste de prospection sans adresse ne se fait pas à pied, le filtre par ville ne filtre rien, et la vérification du site perd sa deuxième preuve.
La position, elle, est toujours là. La Base Adresse Nationale — service de l'État, gratuit, sans clé — rend l'adresse la plus proche d'un point.
Le champ qui rend l'opération honnête n'est pas l'adresse : c'est la distance. La BAN répond toujours quelque chose. Au milieu d'un champ, elle rendra une adresse à huit cents mètres. Au-delà de cent vingt mètres, nous refusons — une mauvaise adresse est pire qu'une case vide, parce qu'on sonne à la mauvaise porte en croyant bien faire.
Le tableau ne dit pas qui aller voir cet après-midi
Il dit qui appeler en premier. Ce n'est pas la même question. Deux commerces à trois numéros l'un de l'autre peuvent être séparés par quarante lignes dans un classement par score, et le démarchage en physique se fait par rue, pas par rang.
D'où la carte, avec les mêmes filtres et les mêmes tris : le même fichier, regardé autrement. Ce qu'on y cherche, ce sont les grappes. Trois carrés dans la même rue font un après-midi.
Et puis nous avons regardé la tête de liste
Le meilleur score de la recherche : horaires relevés, adresse au numéro, SIRET, pas de site. Le profil parfait. Une pizzeria fermée depuis deux ans.
Les cartes gardent les commerces fermés pendant des années — personne ne repasse supprimer la fiche d'un rideau baissé. Et ces fiches-là sont mécaniquement bien classées, puisque tout ce que le score récompense y est encore inscrit. Nous avions construit un outil qui plaçait en tête les numéros qui ne répondent plus.
Chaque fiche est désormais rapprochée du registre des entreprises pendant la recherche. Une entreprise cessée retombe à zéro et quitte la liste d'appels — sans être supprimée : on garde la trace, on ne la rappelle plus.
Trois états, et non deux. Un doute rend « non rattachée », jamais « fermée ». Le faux positif coûte infiniment plus cher que l'incertitude : rayer un vrai commerce ouvert, c'est le perdre pour toujours, et sans jamais le savoir.
Ce que nous en retenons
Deux fois sur ce chantier, la même erreur sous deux formes : un score se réécrivait à partir d'une donnée qui ne le portait pas. La première fois, le détail affichait trente points de moins que le total. La seconde, rattacher une fiche vivante la faisait descendre — l'inverse exact de ce que l'opération venait corriger.
Aucune des deux ne se voyait dans le code. Les deux se sont vues sur les vraies fiches, en production, dans l'heure qui a suivi la mise en ligne. C'est devenu une habitude : livrer, puis aller regarder les vraies données, sans chercher la confirmation qu'on espère.
